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Le Canada revient sur le tapis

Lorsque vous marchez dans la Maison du Canada, regardez par terre, et vous y verrez le magnifique chêne rouge du Canada, le marbre de l’île de Vancouver et le granite de l’Ontario. Vous apercevrez également 29 tapis faits à la main qui illustrent le talent et l’artisanat canadien.

Des artistes de partout au pays ont été invités à soumettre leurs idées originales pour représenter la province ou le territoire d’où ils viennent. La tâche de tisser à la main les tapis de laine est revenue à l’entreprise de design Creative Matters, située à Toronto. « Nos designers ont été aussi stimulés qu’enjoués de reproduire fidèlement les nombreux symboles de notre immense pays : que ce soient des cigales, des feuillages d’automne et des canneberges ou des aurores boréales, de la neige étincelante et des étendues de glace, affirme Carol Sebert, présidente de l’entreprise. Nous nous sommes efforcés de reproduire l’étendue des couleurs, d’évoquer les émotions, de générer le mouvement et d’atteindre l’équilibre parfait. »

Le niveau de détails nécessaire a exigé que les designers se penchent sur chaque pouce carré de tapis en s’assurant que chaque fil ait la bonne couleur et soit regroupé de façon à reproduire le plus fidèle possible l’œuvre originale. « Chaque couleur a été choisie en tenant compte de la gamme de teintures connues de l’atelier de tissage où le tapis devait être touffeté à la main pour s’assurer d’obtenir la gradation et la teinte désirées », précise Mme Sebert. « Parfois, nous avons fait attention de ne pas ajouter de la texture qui s’éloignerait de l’œuvre originale tout en relevant le défi de reproduire l’énergie qui émane d’une peinture aux contours nets. »

Selecting colours for the Pacific Room carpet

L’équipe de designers a aussi dû faire des calculs pour déterminer comment mettre les œuvres à l’échelle pour couvrir l’aire du plancher qu’elles allaient couvrir, comment bien les reproduire avec de la laine et comment conserver l’intention de l’artiste alors que les tapis seraient vus de haut plutôt qu’à la hauteur des yeux. Cela a exigé des mois de travail, mais une fois que chaque pièce a été reproduite dans un modèle informatique, les ouvriers ont pu tisser à la main les minces fils teints sur mesure pour reconstruire le tout.

Chaque tapis a été assigné individuellement à un artisan qui possédait l’expertise, l’équipement et la sensibilité nécessaires pour produire le tapis en restant fidèle à sa conception originale.

L’entreprise Creative Matters a choisi des fibres et des techniques qui permettraient de reproduire fidèlement les œuvres tout en tenant compte de la quantité de personnes qui circuleraient dans la pièce. Les tapis qui ont été produits varient en taille et sont situés à divers endroits dans l’immeuble : escaliers, halls de réception, salles de réunion, aires d’accueil, vestibules, etc.

Dans le grand escalier, les visiteurs de la Maison du Canada poseront leurs pieds sur une conception intitulée Slats, créée par Elizabeth Macintosh, artiste de Vancouver et professeure agrégée à l’Université Emily Carr. Sean Will Randell et Billie Rae Rusby ont confectionné des tapis qui portent le nom des premiers ministres John A. Macdonald et Wilfrid Laurier respectivement. 

Les salles de réunion de la Maison du Canada portent toutes le nom de l’une des dix provinces, de l’un des trois territoires ou de l’un des trois océans du Canada ainsi que le nom de quatre premiers ministres canadiens. Chaque tapis a été conçu par un artiste local. Dans la salle de l’Ontario, Elizabeth D’Agostino, une artiste de Toronto, a incorporé dans sa conception les cigales que l’on peut entendre lorsqu’elles se réveillent de leur hibernation dans les arbres de l’Ontario. Les artistes d’installation Lance Belanger et Kitty Mykka ont représenté les animaux extraordinaires qui migrent dans les marais de Tantramar, au Nouveau-Brunswick. D’autres tapis saisissent les couleurs de leur province, comme Will Gill l’a fait à l’aide des bleus et turquoises de son tapis installé dans la salle de Terre-Neuve.

L’artiste de la Colombie-Britannique lessLie a adopté une approche plus symbolique. Dans une conception typique de la tradition des Salish du littoral, il a représenté deux aigles dans un cercle. Dans la même veine, pour la salle du Québec, Nadia Myre et Karen Elaine Spencer ont adopté le concept de « nature et climat » en s’inspirant du vers : 

« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver », tiré de la chanson Mon pays, hymne national non officiel du Québec 

« Bien que notre entreprise travaille à des projets partout dans le monde, nos designers sont canadiens », explique Carol Sebert. « Je parle au nom de tous lorsque j’affirme à quel point ce fut valorisant pour nous de nous immerger dans des œuvres d’art qui reflètent les traits, les émotions et les valeurs de notre propre pays. »

Ensemble, les tapis de la Maison du Canada forment une véritable réflexion enchanteresse du Canada et de la beauté de ses divers paysages. Ils témoignent des aptitudes, de la créativité et du talent de ses artistes, de ses artisans et de ses fabricants. 

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