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Maison du Canada : Historique

« Le Canada n’avait jamais connu une telle journée en Angleterre! »
Le 29 juin 1925

Peter Larkin, haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni
(1922-1930)

Au début de l’année 1922, un marchand de thé canadien du nom de Peter Larkin arrive à Londres. C’est un négociant naturel, créateur de la fameuse marque canadienne de thé Salada, venu entreprendre de renouveler le visage du Canada au Royaume-Uni. Depuis que le premier ministre Mackenzie King l’a nommé au poste de haut-commissaire au Royaume-Uni le 10 février, il est chargé de consolider toutes les activités du Canada dans ce pays. Larkin constate que les entreprises et les services canadiens sont dispersés dans toute la ville.

Il lui faudra une année pour trouver le site idéal, mais il finira par s’installer au Union Club du côté ouest de Trafalgar Square. À peine à un coin de rue de l’édifice de la Grand Trunk Railway, orné des emblèmes des provinces canadiennes et situé en face du siège social du Chemin de fer Canadien Pacifique Limitée au Royaume-Uni, l’édifice de style revival grec du Union Club fut construit entre 1823 et 1829 d’après les plans de sir Robert Smirke, architecte de renom du British Museum et du Royal Opera House. Ce fut un lieu de prédilection pour gentilshommes de prestige de la trempe du duc de Wellington, de Cecil Rhodes et de Charles Dickens au moment où le Canada en fait l’acquisition en 1923.

Trafalgar Square, 1897 (© The Francis Frith Collection)

Le Canada achète l’édifice pour la somme de 223 000 livres. Les rénovations réalisées suivant les directives de l’architecte Septimus Warwick coûteront plus de 1,3 million de dollars canadiens. L’édifice est transformé de fond en comble et l’on change la plomberie en plus de refaire le revêtement extérieur avec de la pierre de Portland et de déplacer l’entrée de Trafalgar Square sur la rue Cockspur. Warwick veut que l’édifice serve de fenêtre sur le Canada et s’assure que le nouveau domicile du haut-commissariat reflète vraiment le savoir-faire de l’élite des artisans canadiens contemporains.

Entrance hall, 1925

Le 29 juin 1925, Peter Larkin remet au roi George V un jeu de clés façonnées de métaux précieux provenant des mines canadiennes. Des clés sont également confiées à la reine Mary, à Larkin lui-même et, par la suite, à Mackenzie King, demeuré au Canada pour s’occuper du budget parlementaire. Le roi George utilise ces clés pour déverrouiller les lourdes portes de bronze et ainsi inaugurer officiellement la Maison du Canada en présence de hauts fonctionnaires, de ducs et de princes de l’Empire réunis pour souligner cette remarquable occasion.

Au cours des décennies qui suivent, la relation entre le Canada et le Royaume-Uni est florissante. Malgré la Grande Crise et les privations en temps de guerre, des milliers de Canadiens s’enrôlent et se sacrifient pour la liberté, aux côtés de leurs homologues britanniques. En raison de relations diplomatiques plus intenses et de la croissance du commerce au cours des années d’après-guerre, le Canada se fait plus présent au Royaume-Uni. Autrement dit, le Canada a besoin de plus de place!

En 1964, la Maison du Canada empiète sur son voisin et l’on fait l’acquisition du bail du Royal College of Physicians. Lorsque sont terminés les travaux visant à fusionner les deux édifices, le Canada occupe complètement la partie frontispice ouest de Trafalgar Square. Le Canada fait également l’acquisition de l’ancienne ambassade américaine au 1, Grosvenor Square et la rebaptise Maison Macdonald en 1963.

En 2012, on décide une fois de plus d’unifier le haut-commissariat. On achète également l’ancien édifice de la Sun Life du Canada, qui abritait les services de l’armée canadienne à Londres au cours de la Seconde Guerre mondiale, et qui est situé immédiatement à l’ouest de la Maison du Canada, regroupant ainsi toutes activités du haut-commissariat sous un même toit à Trafalgar Square.

Aujourd’hui, alors que la Maison du Canada rouvre ses portes et qu’approche son 100e anniversaire, le Canada peut envisager un autre siècle et ce, pour reprendre les paroles de Mackenzie King, sur :

« le plus beau site de Londres et, puisqu’il se trouve à Londres, le plus beau site au monde. »

Mackenzie King

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